Retour au blog
Les dessous RH

Le Pouls RH #15 | Retour de congé maternité : regard de l'intérieur sur une réintégration réussie

Le retour de congé maternité est une transition généralement difficile pour celles qui l'ont vécue. Mais que révèle réellement ce parcours sur la marque employeur d'une entreprise ?

1 octobre 20266 min de lectureFatou Ouologuem

Le retour de congé maternité est une transition généralement difficile pour celles qui l'ont vécue. Mais que révèle réellement ce parcours sur la marque employeur d'une entreprise ? Quelles options s'offrent à vous, comment le lien est-il entretenu pendant l'absence, et comment se déroulent les premières semaines de reprise ? Enfin, dans quelle mesure, selon les casquettes que nous portons (manager, collègue, RH), faisons-nous la différence pour une collaboratrice qui revient de congé maternité ?

Pour répondre à ces questions, j'ai eu envie de vous faire découvrir le récit d'une amie. Elle nous embarque dans son parcours, avec un regard de l'intérieur sur une réintégration réussie.

L’annonce de la grossesse 

Elle a annoncé sa grossesse à la fin du quatrième mois. La nouvelle a été très bien accueillie par ses collègues, auprès desquels elle a trouvé soutien, réassurance et positivité. La structure a également tout fait pour qu'elle parte sereinement en congé maternité. Tout au long de cette période, la relation est restée à la fois humaine et professionnelle.

Son départ avait d'ailleurs été préparé en amont. La passation avec sa collègue s'est faite en bonne intelligence, sur un mois, le temps de solder les derniers dossiers. Pour sa dernière semaine, elles ont décidé ensemble d'inverser les rôles : sa collègue prenait pleinement la main, et elle restait en observation, disponible pour corriger un point ou répondre aux dernières questions.

Le choix du dispositif 

La France pose le cadre général suivant : les salariées bénéficient, avant et après l'accouchement, d'un congé maternité pendant lequel leur contrat de travail est suspendu. Sa durée dépend du nombre d'enfants à naître et du nombre d'enfants déjà à charge, pour un total compris entre 16 et 46 semaines.

Dans le cas de mon amie, je me suis demandé quelles options elle avait choisies en complément du congé maternité, et ce qui avait pesé dans sa décision : un éventuel congé parental, des congés payés accolés ?

D'emblée, elle m'a expliqué avoir écarté le congé parental pour deux raisons principales : la baisse considérable de rémunération, et sa volonté de reprendre le travail pour retrouver un certain équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Puis, au fil de notre conversation, elle a évoqué deux congés spécifiques dont elle a bénéficié : le congé pathologique et le nouveau congé supplémentaire de naissance.

Le congé pathologique prénatal et postnatal 

Sa grossesse présentant un risque de complications médicales, elle a d'abord été placée en arrêt de travail par son médecin pendant deux semaines. À l'issue de cet arrêt, elle a bénéficié d'un congé pathologique prénatal, puis, après l'accouchement, d'un congé pathologique postnatal.

L'article L1225-21 du Code du travail en donne la définition suivante : « Lorsqu'un état pathologique est attesté par un certificat médical comme résultant de la grossesse ou de l'accouchement, le congé de maternité est augmenté de la durée de cet état pathologique dans la limite de deux semaines avant la date présumée de l'accouchement et de quatre semaines après la date de celui-ci. »

Le nouveau congé supplémentaire de naissance 

Après son congé maternité, son congé pathologique postnatal puis une série d'arrêts maladie, elle a opté pour le nouveau congé supplémentaire de naissance. Comme elle le décrit si bien, c'était pour elle un moyen de vivre pleinement son post-partum et, psychologiquement, de ne plus se considérer comme malade.

Elle fait partie des premières mères à avoir bénéficié de ce congé. Créé par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, il est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Il offre à chaque parent la possibilité de prolonger sa présence auprès de son enfant, en complément des droits existants.

Mais comment se décline-t-il concrètement, et quel est son niveau d'indemnisation ? 

Chaque parent peut prendre jusqu’à deux mois de congé supplémentaire, indemnisé par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.

Ce congé peut être pris en une seule fois, pour un ou deux mois, ou fractionné en deux périodes d'un mois.

Elle a choisi de ne prendre qu'un mois : psychologiquement, elle ressentait le besoin de reprendre le travail. Sa convention collective prévoyant un complément employeur, elle a perçu au total 80 % de son salaire net, contre 70 % avec la seule indemnisation de la CPAM.

Et après ? A-t-elle accolé des congés payés ? Combien de temps a duré son absence au total ?

Elle a posé quelques jours de congés payés juste avant sa reprise, pour une absence totale de dix mois. Ces jours avaient un objectif précis : se ressourcer et prendre la mesure de tout ce qui s'était passé pendant son post-partum. Un temps rien qu'à elle, une pause pour se recentrer, faire le vide et repartir sur de nouvelles bases avant de retrouver son poste.

L’entre-deux : le lien pendant l’absence 

Et pendant son absence, comment le lien a-t-il été entretenu ? Silence total, sollicitations excessives, ou juste dosage ? Qui a gardé le contact, comment, et qu'a-t-elle ressenti ?

Les nouvelles sont venues en direct de son entourage professionnel : l'équipe avec laquelle elle travaillait au quotidien, sa collègue qui a repris ses dossiers, sa N+1, son N+2 et sa RH de proximité. Des messages simples : prendre de ses nouvelles, lui dire qu'on l'attendait le moment venu, quand elle se sentirait prête, et qu'elle n'avait à se soucier de rien.

La fréquence variait selon les interlocuteurs. Sa N+1 et sa collègue lui écrivaient environ toutes les deux semaines, sa RH et son N+2 une fois par mois ou tous les deux mois. Entre-temps, chacun se manifestait dès qu'il y avait du nouveau de son côté, notamment lorsqu'elle transmettait ses arrêts maladie. Les échanges portaient avant tout sur sa santé et sur la manière dont l'entreprise pouvait l'accompagner au mieux, dans l'immédiat comme à son retour. Une présence attentive, jamais pesante : aucun de ces messages n'a représenté une charge mentale. Légers et bienveillants, tous lui ont fait du bien.

Pour la petite histoire, lorsqu'elle avait rencontré des difficultés de garde, l'entreprise l'avait aidée dans ses recherches en lui proposant des places dans des crèches partenaires, avec la possibilité d'y garder son enfant jusqu'à ses trois ans.

Le retour : les premières semaines 

Comment se sont passées les premières semaines de retour ?

Elle a repris un mercredi, en milieu de semaine. Ce jour-là, sa collègue et sa N+1 lui avaient donné rendez-vous à l'accueil de l'entreprise. L'échange était informel, et les autres collaborateurs arrivaient peu à peu. Elle a trouvé ce moment d'accueil formidable et bienveillant : elle n'est pas arrivée seule dans l'espace de travail, avec tous les regards rivés sur elle. Être accueillie en petit groupe, puis monter aux bureaux ensemble, faisait écho à leur quotidien d'avant son congé.

Un suivi plus formel a ensuite eu lieu avec sa N+1, autour des évolutions de l'entreprise et de l'équipe et de la nouvelle répartition des missions, complété par quelques points dans la journée en cas de besoin. Ce n'est que la semaine suivante qu'elle a commencé à être associée à des sujets plus globaux. 

Elle se savait attendue, avec bienveillance, et sa reprise s'est faite très sereinement. Elle a retrouvé son poste et une partie de ses dossiers, certains ayant naturellement évolué avec la nouvelle répartition. Sa place dans l'équipe, elle, était intacte. Et cette nouvelle répartition des missions avait été pensée en fonction de son rôle et de ce qui pourrait l'intéresser et la challenger.

Notre lecture RH : ce que ce parcours dit de la marque employeur 

Ce que je ne vous ai pas encore dit : Tatiana travaille, elle aussi, dans les ressources humaines, avec un focus sur la formation. Si elle n'accompagne plus aujourd'hui les retours de congé maternité, elle a connu ce moment des deux côtés : d'abord en accueillant des collaboratrices à leur retour, puis en le vivant elle-même. Son récit éclaire ce que son entreprise a fait de juste, et les leviers qu'elle a actionnés avant, pendant et après son congé : anticipation avant le départ, lien dosé pendant l’absence, réintégration progressive au retour.

C'est finalement un excellent marqueur de marque employeur : l'entreprise est allée au-delà d'un simple processus pour faire vivre une véritable expérience à sa collaboratrice, alliant accompagnement, bienveillance et écoute active, malgré le contexte business et les défis à relever.

Et vous ? Qu'est-ce qui a fait la différence, pour vous ou pour une collaboratrice, au retour d'un congé maternité ? 

Écrivez-moi, je serai ravie de vous lire.

congé maternitécongé pathologiquecongé supplémentaire de naissanceretour de congé maternitémarque employeur

Commentaires

Chargement…

Laisser un commentaire

0/1000
Fatou Ouologuem

Fatou Ouologuem

Consultante RH · Abidjan, Côte d'Ivoire

Cet article vous a plu ?

Partager

Rejoins Le Pouls RH

Avec une édition publiée le 1er de chaque mois

En vous inscrivant, vous acceptez notre politique de confidentialité. Désabonnement en 1 clic.

WhatsApp